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Réactions à la commission parlementaire sur l’évaluation
du coût de l’indexation des régimes de retraite
Le 30 septembre 2008, quatre membres du comité indépendant ont présenté le rapport d’évaluation du coût de la réindexation des rentes de retraite. À aucun moment, nos élus n’ont remis en question les données ou les interprétations des comptables et actuaires du comité. Les coûts ont été acceptés d’emblée par les députés présents comme étant LA VÉRITÉ ; des coûts basés sur 60 ans : 30 ans de carrière et 30 ans de retraite.
Les questions de nos élus n’ont servi qu’à mettre l’accent sur le coût de la réindexation, de 2 à 9 milliards selon le scénario choisi : pleine indexation, l’indexation à 75 % de l’IPC, 50 % de l’IPC. Les coûts n’ont pas été ramenés à leur valeur annuelle, ni par les députés, ni par leurs experts. S’appuyant sur l’augmentation du taux de cotisation, ils ont accrédité l’adage des jeunes qui paieront pour les vieux, perpétuant ainsi les mythes et les préjugés envers les retraités.
Les quatre experts ne s’entendent pas sur les termes pour qualifier les 6 milliards de surplus : est-ce une provision actuarielle, un surplus, une réserve, une marge de manœuvre ?
Nos représentants, M. André Goulet et Mme Mariette Gélinas ont subi le feu nourri de questions et de suppositions :
- « Vous avez la responsabilité de ces chiffres. »
- « Mais est-ce que vous reconnaissez qu'ensuite l'établissement du taux de cotisation a tenu compte du fait qu'il n'y avait plus d'indexation avant 3 % ? Est-ce que vous admettez ? »
- «Et, ce matin, enfin avec la bourse qui a baissé, on est encore plus sensibles à cette réalité-là. »
- etc.
- et le fameux sous-entendu « Vous n’avez pas payé pour ça. »
Par leurs questions pressantes et insistantes, nos députés voulaient une signature immédiate sur un rapport liant les retraités à une évaluation exagérée. Tout au long de la commission, les retraités ont porté l’odieux d’une hausse de cotisation des actifs et une augmentation de la dette du gouvernement. Notre apport aux régimes de retraite, les surplus que nous avons accumulés, les bénéfices que nous avons payés, rien n’était imputable aux retraités.
Et c’est avec une voix de velours que certains députés ont démontré aux retraités qu’ils considéraient leurs demandes comme irrecevables. Quelles demandes ? Celles-ci n’étaient pas précisées.
Notre faiblesse, à nous les retraités, c’est de travailler en solitaire. Comme nos représentants provenaient d’une seule association ou presque, ils se sont placés en situation de faiblesse. Si les représentants de toutes les associations de retraités se présentaient comme une équipe forte et dynamique, nous pourrions marquer des points, faire valoir des arguments, démontrer nos théories.
Dans ce contexte, la table permanente de travail demandée pendant la commission, par M. André Goulet et Mme Mariette Gélinas, est une demande délicate quand on voit de quelle façon notre faiblesse fut exploitée.
Les trois partis politiques ont une FORCE commune, reliée à la décision qu’ils prendront. Cette décision aura des conséquences sur le budget quel que soit le parti élu. Ils manifestent de l’empathie, mais … ils nous retournent au Conseil du trésor et à Madame Monique Jérôme Forget.
Au cours des prochaines semaines, la Commission des finances publiques se réunira pour décider de la suite des choses. Entendra-t-elle les autres associations de retraités : RRAME, AQRP, ADR ? Étudiera-t-elle des solutions ? Difficile à dire.
Pour gagner, les retraités doivent s’unir et travailler de concert. Ils doivent échanger de l’information et créer des liens.
Arlette Bouchard
Présidente du RRAME
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