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Projet de loi 23

 

Extraits du journal des débats

 

 (automne 2011)

 

Extraits du verbatim du projet de loi 23, 4 pages en Word

Extraits du verbatim du projet de loi 23, 12 pages en Word

 

AREQ       AQRP      Syndicats       Adoption du projet de loi

 

AREQ

 

Mme Courchesne : Si vous n'êtes pas d'accord avec le 20 %, est-ce que vous avez fait des travaux qui vous permettent de nous dire quel serait, pour vous, le pourcentage acceptable? …

 

Mme Charlebois (Louise) : … à l'AREQ, nous croyons que le 20 % c'est élevé. Si nous avions eu notre mot à dire, on aurait peut-être défendu plus ardemment. Il y a peut-être... une situation mitoyenne entre les deux, mais on ne l'a pas regardée, on n'est pas outillés pour faire ces travaux-là, mais au comité, je crois que nous aurons les moyens.

 

M. Côté (Pierre-Paul) : …dans le fond, c'est le Conseil du trésor, c'est la CARRA qui a les données, qui a les chiffres, qui peut alimenter ce comité-là, être capable de faire des contre-expertises, regarder les différents éléments, puis ça peut arriver que deux ans, on se dise: Bien, c'est peut-être possible que c'est moins que 20 %. …

 

M. Simard (Richelieu) : … En 2007, lorsque le rapport a été réalisé, il calculait que ceux qui souffraient plus, c'était ceux qui avaient pris leur retraite en 1989. On démontrait qu'à ce moment-là la perte annuelle était extrêmement élevée. Pour donner un exemple de ce que ça peut être, quelqu'un qui a pris sa retraite en 2008, par exemple… au bout de 20 ans, perdra 21 % de sa rente. 21 %, c'est considérable, c'est dire que l'érosion annuelle amenée par la non-indexation amène une perte de pouvoir d'achat importante. Il ne faut pas faire semblant que ça n'existe pas, ça existe.

 

AQRP

 

Mme Michaud (Madelaine) : … Le projet de loi n° 23 rend toute correction de la désindexation conditionnelle à l'entente d'un surplus d'au moins 20 %. L'opinion actuarielle que nous dévoilons aujourd'hui rapporte que: premièrement, le surplus minimal exigé pour une correction équivaut à au moins 8 milliards de dollars.

 

Deuxièmement, pour atteindre le niveau de surplus exigé par le gouvernement, selon la simulation de nos actuaires, il faudrait que la Caisse de dépôt et placement du Québec obtienne des rendements de 13,4 % pendant une période continue de quatre à cinq ans, alors que le rendement moyen des 10 dernières années a plutôt été de 3,7 % et que la présente année n'est pas vraiment bien partie.

 

Troisièmement, la hauteur excessive du surplus demandé et les nombreux congés de cotisation convenus entre le gouvernement et les syndicats font en sorte de rendre très faible, pour ne pas dire irréalisable, la probabilité que la désindexation sera corrigée dans un avenir envisageable.

 

Quatrièmement, dans ses remarques que nous avons entendues il y a quelques instants, la ministre remet en question la recommandation formulée par la Commission des finances publiques en tentant de faire passer les retraités de l'État pour des privilégiés. En plus, le projet de loi laisse au gouvernement la discrétion d'accorder ou non la correction de la portion de la rente dont il est responsable.

 

 

Par ailleurs, la section du projet de loi n° 23 qui concerne l'indexation ne vise que le RREGOP. Il menace donc d'exclure les quelque 80 000 retraités des autres régimes comme le RRPE, le RRF, le RRE, le RRCE et même le régime de retraite des députés.

 

Je vous rappelle également que, dans des avis antérieurs, nos actuaires avaient fixé la hauteur raisonnable de la réserve nécessaire à environ 10 % et souligné qu'il serait approprié d'utiliser les surplus éventuels prioritairement pour les retraités.

 

…L'AQRP, en tant que principale association indépendante de tout lien syndical et représentative de l'ensemble des retraités de l'État, vous demande donc aujourd'hui le retrait du projet de loi n° 23. Par contre, si le gouvernement maintient ses intentions, nous exigeons les amendements minimaux suivants: que le surplus nécessaire, avant d'accorder une correction, soit de 10 % et non de 20 %; de rendre le projet de loi applicable à tous les autres régimes de retraite des secteurs public et parapublic; de rendre la correction automatique, autant pour la portion gouvernementale que pour celle des participants; de maintenir la nécessité de régir les taux de cotisation par règlement.

 

Une seule chose peut être pire que d'ignorer nos demandes et c'est celle de tenter de nous faire croire qu'on les accepte et de les refuser en catimini par la suite.

 

Mme Courchesne: … c'est extrêmement important que le gouvernement puisse, par décret et par règlement, établir ces taux ou ces décisions qui sont importantes.

… et quand on dit protéger le taux de cotisation, ça ne veut pas dire qu'il n'est pas augmenté, mais ça veut dire qu'on se donne un 10 % de marge de manoeuvre et que le comité pourra effectivement questionner, analyser, débattre, échanger et pourra le faire avec les syndicats qui seront présents à ce comité-là.

 

Mme Michaud (Madelaine): …Si ce projet de loi passe… Ça veut dire que, pour reparler d'indexation, ça va prendre au moins six ans avant qu'on puisse trouver des solutions, qu'on puisse apporter des façons de travailler pour trouver un moyen de corriger l'indexation. Un 20 % de surplus actuellement... et, avec le mémoire qu'on a vous a déposé, vous avez l'étude actuarielle que nous avons fait faire, parce qu'on peut bien avancer des chiffres, mais, à un moment donné, nos chiffres peuvent nous tromper aussi. Donc, on a demandé une opinion actuarielle pour savoir si ce 20 % là était nécessaire pour commencer à parler d'indexation, puis ce n'est pas ça qu'on nous dit. On nous dit que 10 %, c'est suffisant, puis on parle de rendement de la caisse qui nous permettrait aussi... et, dans les 10 dernières années, ce n'est pas 13 % que la caisse a rapporté, c'est 3,7 %. Alors là, je me demande quand est-ce qu'on va avoir 20 % ? Sans compter que, dans le projet de loi on va piger, comme le disait nos collègues que l'AREQ (CSQ), on va piger, dans la caisse déjà en place, un montant pour ne pas demander la cotisation à ceux qui sont au travail selon ce qu'ils devraient payer, selon les études actuarielles.

 

Même si on a voté une augmentation de 0,5 % pour les trois prochaines années, il reste que pour l'instant, ce qu'on ne leur demande pas, là, de payer en taux de cotisation, c'est dans la caisse qui a été mise en place par qui? En partie par les retraités, en grande partie par les retraités. Et ce n'est pas eux qui vont en bénéficier. Dans les 25 dernières années, les chiffres qui ont été relevés par ceux qui travaillent dans ces comités-là, c'est que les congés de cotisation, les bénéfices des surplus de la caisse ont profité, je vais dire comme M. Côté, pas le mot «actif», des employés qui sont encore au travail, alors que les retraités attendent toujours, depuis plus de 30 ans, une possible correction de leurs rentes, une possible indexation.

 

Mme Courchesne: Mme Michaud, … Quand les syndicats disent: On ne veut pas discuter de l'entente, ce que les syndicats disent: On ne veut pas renégocier l'entente. C'est ça qu'ils disent. Mais est-ce qu'on ne peut pas discuter du principe, est-ce qu'on ne peut pas discuter du fond des choses? Ça, je pense qu'il faut... ça va devoir se faire. …

 

... vous réclamez la correction automatique, mais il a toujours été clair pour le gouvernement, puis le mandat du comité est très précis à cet égard-là aussi, de dire qu'il était impossible d'envisager une solution qui ferait augmenter les taux de cotisation pour les participants actuels ou futurs de façon démesurée. … il faut l'évaluer dans la responsabilité de la gestion des fonds publics. 1 % d'indexation, c'est 130 millions. En fait, c'est-à-dire, 2 % de... si on indexe à 2 % du coût de la vie, d'augmentation, c'est 130 millions, si on indexe à 3 %, s'il y avait un IPC de 3 %, c'est 200 millions par année de plus…

 

M. Simard (Richelieu): … À mon avis, il est pire... il y a une chose pire que de ne pas indexer, c'est de faire croire qu'on va le faire et que ce soit illusoire….

 

M. Vallerand (Luc): L'autre élément, c'est que le choix qui a été fait, c'est-à-dire de bonifier... en fait subventionner le taux de cotisation des employés, du moment qu'il y a un surplus de 10 à 20 %, bien, c'est l'image de notre trésorier, c'est qu'on essaie de remplir une chaudière avec un verre troué parce qu'on n'arrivera jamais à l'atteindre, le 20 %, puisqu'il est déjà prévu éventuellement une subvention des taux de cotisation à venir. Donc, ça repousse d'autant plus loin une correction possible pour les retraités.

 

M. Ledoux (Marcel) :  La première fois qu'on a entendu parler qu'on avait de besoin d'un excédent, d'un surplus, c'était à 15 % et c'était le gouvernement qui l'avait demandé. Par après, ce sont les centrales syndicales qui ont demandé un 20 % parce que, eux autres, ils ont pensé que c'était une bonne chose d'augmenter de 5 % pour être capables d'aller diminuer le taux ou le coût de la cotisation réelle, …

 

Mme Michaud (Madelaine) : Alors, je répondrai à M. Simard que je n'ai peut-être pas payé 10 % de cotisation, mais je n'avais pas le salaire que les employés ont maintenantJe n'oserai jamais prendre des décisions au nom du gouvernement, je ne suis pas une parlementaire, mais le trou de 340 millions, c'est Mme la ministre elle-même qui l'avait dit ici, dans une commission parlementaire, que le taux de cotisation qu'on accordait maintenant, ça voulait dire un trou de 340 millions. Pris où? Dans la caisse de retraite pour laquelle nous avons participé, pas juste les participants actuellement, là, pas juste les employés, nous avons participé dans cette caisse de retraite là. Et dans les dernières années, je vous le dis, ça fait presque 30 ans que ça dure, les retraités n'ont pas eu droit à l'indexation de leur rente. Oui, ils reçoivent leur rente à prestations déterminées, une rente qu'ils ont payée à même leur salaire. …

 

    Syndicats

 

M. Parent (Réjean) : … je vous dirai que notre présentation va être fort courte, parce que, bon, c'est, dans un premier temps, avec une certaine surprise qu'on a constaté, comme organisation syndicale, le fait de cette convocation d'une commission parlementaire...

 

M. Roy (Louis) : ... mais, de mémoire, des amendements apportés à la loi du RREGOP, n’ont jamais fait l'objet d'une consultation particulière suite à une entente intervenue entre les parties, et donc, dans ce contexte-là, c'était une grande surprise. En même temps, on aurait eu tellement d'autres choses à faire ce soir. . Je pense qu'on a conclu de bonne foi, de part et d'autre. …

 

Mme Courchesne : … nous l'avons fait dans un climat de paix sociale, nous l'avons fait en tenant compte aussi de la nécessité très certainement de faire évoluer l'organisation du travail au gouvernement tout en étant conscient que nous avons des enjeux de rétention et attraction d'une nouvelle génération d'employés puisqu'il y a des départs à la retraite qui sont très nombreux Et le défi que nous devons partager, c'est celui de pouvoir attirer dans la fonction publique des professionnels, des gens tout acabit, de tout milieu, de tout secteur d'activité, de toute profession, de tout travail pour justement renouveler cette fonction publique et s'assurer qu'elle maintient cette qualité d'expertise, cette qualité d'apport aux élus.

 

vous avez accepté, après de longues discussions, mais vous avez accepté, tous ceux qui sont devant moi, de participer à ce comité consultatif avec les retraités. Vous avez posé une condition, que nous avons réitérée cet après-midi, c'est-à-dire que ce comité consultatif n'a pas pour objectif de renégocier l'entente qu'on vient tout juste de signer. … Parce que ces retraités-là ont déjà été vos membres... … l'AREQ avait des ouvertures en disant : On est prêts à considérer qu'on aurait droit à l'indexation s'il y a des surplus. Pas nécessairement d'accord avec le 20 %...

 

…M. Parent (Réjean) : … Et c'est aussi vrai, nos collègues des autres organisations, cette conscience… des personnes retraitées, on ne s'est pas placés dans un manque de souci intergénérationnel, au contraire.

Puis je rappelle les principes sur lesquels on a mené les travaux de négociation, là, puis la première étape, sécuriser le régime, c'est profitable à toutes et à tous de sécuriser le régime, autant aux personnes retraitées qu'aux personnes actives. Ça ne se fait pas au détriment d'un groupe ou de l'autre. … Les personnes actives, les jeunes qui sont dans les réseaux actuellement, vont payer plus cher plus longtemps que toutes les personnes qui les auront précédées, y compris celles et ceux qui sont devant vous, madame. Donc, quand on parle de solidarité intergénérationnelle, on a encore là une belle leçon.

 

Et troisièmement, on dit... du côté syndical, on a fait notre travail, on a dit : Le surplus, nous sommes prêts à le consacrer à bonifier la rente. Du côté gouvernemental, vous nous avez dit : Nous ne sommes pas prêts à dire ça tout de suite, maintenant, en négociation… qu'on ne pourra pas demander aux jeunes d'en faire plus qu'ils en font maintenant…

 

Mme Courchesne : ……. il y a donc, autour de cette table du comité, une démonstration à faire, une pédagogie à faire parce qu'il ne semble pas que ce soit la compréhension

 

Roy (Louis) : … tantôt Réjean disait : Vous savez, les gens qui sont présentement à la retraite ont aussi bénéficié de taux qui n'étaient pas nécessairement les taux requis pour maintenir le régime. Le taux actuel pour maintenir le régime, c'est 10,08 %; les gens paient 8,69 % et, à partir du 1er  janvier, il y a des fortes chances qu'ils paient 9,19 %.

 

Mais je vais vous donner, juste pour qu'on réalise bien, c'est quoi les taux de cotisation qui ont été payés dans le passé. Je vais remonter à 1973; vous allez voir, ça va aller assez vite. Je ne les donnerai pas année après année là, mais : de 1973 à 1981, le taux était à 7,5 %; de décembre 1982 à 1992, il a été à 7 %; ensuite il a été pendant trois ans à 7,68 %; pendant quatre ans, à 7,95 %; de 2000 à 2004, il a été à 5,35 %; ensuite il a été trois ans à 7,6 %, et là il était à 8,19 % depuis 2008.

 

Alors, la question des taux de cotisation, c'est aussi une question d'équité intergénérationnelle, et les gens qui ont payé 5,35 %, qu'est-ce qu'on leur dirait aujourd'hui? On leur dirait : Excusez-nous, on s'est trompé, vous devez maintenant nous rembourser. Vous devez cotiser plus?

 

Mme Courchesne : Si vous me permettez, avant de laisser la parole à un collègue, je partage ce que vous venez de dire. Le député de Richelieu aujourd'hui nous a dit : Il y a pire que de ne pas donner l'indexation, c'est de faire miroiter ou rêver que peut-être on va l'avoir, mais qu'au fond ce ne sera pas si possible que ça de l'avoir parce que c'est peut-être irréaliste de penser que nous aurons, dans un avenir plus ou moins rapproché, de 20 % de surplus. … ce n'est pas …

 

M. Parent (Réjean) : …, c'est protéger le monde contre eux autres mêmes

 

M. Simard (Richelieu) : …. En 1981, là, les retraités en fonction publique, là, ça sortait au compte-goutte. Mais depuis 1997, depuis 15 ans, il y en a eu des retraités en fonction publique, et ceux-ci se sont groupés en associations, défendent leurs intérêts. Ce sont des gens très souvent encore relativement jeunes, très actifs et compétents et qui ont du temps. Alors, je peux vous dire que quand ils prennent une cause en main, ils se battent pour la défendre. Vous êtes des syndicalistes, vous savez ce que c'est se battre pour une cause. Bien, eux autres, ils n'en ont pas 50, là, ils en ont une majeure et ils se battent pour la défendre…, il y a combien d'années, au cours des 10 prochaines années où il y a des chances qu'il y ait une indexation ?

 

M. Arsenault (Michel): … On se dit que, entre 110 et 120, on va permettre une baisse de cotisation de 1/15, tu sais, puis, après 120, là, on regarde 50 % de l'indexation…

 

M. Simard (Richelieu) : … On se rappelle tous qu'il y a eu adhésion au RREGOP, dans les années soixante-dix, de ce qui était un régime des enseignants, mais il y a des gens qui ont resté au régime des enseignants, puis il y a d'autres régimes qui, dans l'entente, ne sont pas couverts. Qu'est-ce qu'on répond à ces gens-là, pour l'instant ?

 

M. Doré (Denis) : … je peux peut-être me tromper d'une année, là, mais 1990 ou 1991, ces régimes-là ont été fermés définitivement, là, il y a eu une entente à l'effet que ça ne se négociait plus. Donc, là, nous, on ne peut négocier que le RREGOP…

 

M. Simard (Richelieu) : … Est-ce que vous vous attendez à ce qu'il fasse la même chose, même si vous ne participez pas à la négociation de régimes qui sont fermés?

 

Mme Joncas (Nathalie) : Bien, le RREGOP, il a une particularité, il a comme deux caisses: il y a la caisse employeurs et il y a la caisse employés. Ce qu'on a négocié, c'est, s'il y a des surplus dans la caisse employés, on va prendre les surplus et on va bonifier. Il faut comprendre que, dans les autres régimes, il n'y a pas de caisse, donc toute indexation sera à la charge du gouvernement. Donc, si vous voulez indexer, c'est vous qui pouvez l'indexer, ce n'est pas à la charge des participants….

 

M. Parent (Réjean) : ... on s'attend du comité à ce qu'il puisse faire émerger cette volonté gouvernementale, …

 

M. Rebello : … est-ce qu'on peut dire que les retraités d'aujourd'hui, par exemple dans l'enseignement ou le secteur public, est-ce qu'on peut dire que, dans leur vie, ils ont payé des cotisations qui correspondent à des rentes indexées ou s'ils ont cotisé moins que ce ça prend pour ça? …

 

M. Doré (Denis) : De 1973 à 1982, autant il y a encore des actifs qui ont cotisé dans cette période-là, puis les retraités ont payé pour avoir une rente pleinement indexée. Et cette portion de rente là, elle l'est, indexée, pleinement. De 1982 à 1999, nous avons tous payé pour avoir une rente à coût de la vie moins 3 %, et c'est ça qu'on a. Et, depuis 2000, les gens paient coût de la vie moins 3 % mais au moins 50 % de l'indexation, et c'est ce qu'ils reçoivent. Le contrat a toujours été respecté, et les gens ont toujours payé pour ce qu'ils reçoivent. Personne... On ne peut pas dire, là, si on met... toutes choses étant égales par ailleurs, bien entendu, puis qu'on oublie les mesures temporaires puis toutes ces choses-là, tout le monde en a pour son argent. Il y en a peut-être qui en ont eu plus que pour leur argent parce qu'ils ont profité de mesures temporaires.

 

Et puis je ne veux pas mettre de l'huile sur le feu, mais, suite aux négos de 1999, on avait fait un comité portant sur l'état de la situation par rapport à ce que les retraités... par rapport à la caisse puis tout ça, qu'est-ce que ça valait, là, et il y avait des estimés qui allaient jusqu'à dire qu'en date de 1999 les retraités ils en avaient eu pour autour de 400 millions de plus que ce qu'ils avaient cotisé pour.

 

M. Rebello : … Comment on peut justifier le 20 % ? …

 

Mme Joncas (Nathalie) : … c'est les employés qui prennent le risque. Si jamais ça va mal... c'est les cotisations des travailleurs qui vont augmenter. …

 

M. Doré (Denis) : Vous savez, vous demandiez un genre de rationnel autour du 120, si on parle de 110, bon, quand un régime est pleinement capitalisé, la loi fédérale, c'est ça, 110, puis tous les régimes trouvent des trucs pour en amasser plus parce qu'ils savent qu'il y a un risque. Un rendement de moins 10 %, c'est toujours possible. Bien, à 110 %, là, bien, si ça arrive, on tombe à 99 %, puis les actifs, il faut qu'ils paient une surprime, bien il faut qu'ils cotisent plus cher parce que le régime est en déficit. à 120, on se protège pas mal correctement, là. Si on perd 10, on tombe à 108, les choses restent neutres puis il n'y a pas trop, trop de problèmes pour les personnes actives.

Ce qu'on veut vraiment protéger, puis ça, Réjean l'a dit au début, on voulait stabiliser la cotisation. Si on ne met pas la barre assez haute, entre guillemets, bien, on court un risque que, le taux de cotisation, il fluctue si on a un mauvais rendement. Suite à 2008, là, on aurait eu un gros problème.

 

Adoption du projet de loi

 

Mme Courchesne : … la loi fédérale… a servi de guide…  ce 25 % là pour déterminer le 20 % et ça a fait partie des sujets de discussion au moment où ça a été convenu. Et là, évidemment, autour de la table, on s'est dit: 25 %, bien là, c'est peut-être un peu trop. …Et là vient tout le discours de la capacité du pouvoir d'achat etc., de nos jeunes familles. … .tout ça m'apparaît être fait dans une perspective …  d'équilibre raisonnable pour être en mesure de préserver le régime, préserver la capacité... le pouvoir d'achat des uns et des autres, mais aussi préserver cette équité intergénérationnelle qui, à mon avis, s'impose… en même temps…les syndicats ont été très clairs … on ne peut pas augmenter les taux de cotisation des participants actifs de façon démesurée dans le contexte actuel non plus.

… Bien, c'est évident que si on se réfère aux dernières années - puis on a le tableau, ici, qui nous donne la situation financière du RREGOP et quels ont été les pourcentages de surplus en fonction de la valeur actuarielle des prestations à charge des employés

 

M. Simard (Richelieu) : ...que ce que M. Tardif dit, c'est qu'à partir de 25 %, la loi fédérale... les lois fiscales et les lois québécoises interdisent d'avoir un cumul supérieur. …

 

M. Tardif (Jean-Marc ) : …. Je vais vous mentionner trois années au cours de la première décennie des années 2000, et c'est des rendements qui ont accablé, là beaucoup de régimes de retraite à prestations déterminées. Si je prends l'exemple du RREGOP, en 2001, on s'attendait à un rendement 6,5 %, 7 %, on a eu moins 5 %. Mais, entre moins 5 % puis plus 6 %, plus 7 %, là, il y a déjà plus que 10 %. Ça fait que, si on avait eu seulement qu'une réserve de 10 %, elle aurait été balayée du revers de la main en une année. 2002, on a eu on a eu moins 9 % de rendement. Moins 9 % par rapport à plus 6,5 %, plus 7 % comme rendement espéré, ça dépasse largement le 10 %. 2008, vous connaissez les chiffres, et je ne les répéterai pas, mais vous savez que c'est des chiffres...  C'est moins 24 %, le rendement RREGOP pour l'année 2008. … Le 20 %, il origine de là. …

 

M. Simard (Richelieu) :   la loi prévoit une formule où les cotisants voient non seulement leurs cotisations plafonner mais une partie de cette réserve est utilisée pour baisser la cotisation, baisser le niveau de cotisation. …expliquez-nous le mécanisme qui est utilisé.

 

M. Tardif (Jean-Marc) : C'est que, s'il y a un surplus entre 10 % et 20 %, cette marge-là, à raison de 1/15 par année, donc elle va être amortie sur une période de 15 ans, va servir à réduire, pour ces années-là, la cotisation des participants. Les syndicats, la position des syndicats là-dessus qui... ce qui nous a été présenté, ce qui a été accepté par le gouvernement à l'époque, c'est que les participants actifs, c'est eux qui prennent les risques. S'il y a des déficits, les déficits aussi vont être amortis sur une période de 15 ans.

 

… M. Simard (Richelieu) : … Mais depuis 1993 … le fonds d'amortissement des régimes de retraite fait en sorte que chaque année le gouvernement verse... une certaine somme pour s'assurer que, petit à petit, les intérêts de cette somme vont finir par créer un montant qui capitalisera la partie gouvernementale des régimes de retraite. …  Pour moi, c'est un principe sacré: quand quelqu'un pendant sa vie consacre une partie de son salaire à payer sa retraite, elle lui appartient, sa retraite, et à personne d'autre. C'est du salaire différé et ça doit être considéré comme tel….  mais il reste que c'est sacré, ce principe d'un salaire différé qu'on doit, que l'on doit toujours respecter. Donc, les régimes de retraite, moi, dans mon comté, … ils se sont privés de leurs salaires pour avoir droit à quelque chose, et au bout du compte ils ont été tondus et ils se trouvent dans une situation... et c'est dramatique. …

 

M. Simard (Richelieu) : … M. Tardif, le taux historique du RREGOP, puisqu'on parle du RREGOP ici aujourd'hui, le taux historique de rendement a été... la moyenne a été, au cours de 20, 25 dernières années, autour de 7 % ? … Donc, c'est dire qu'à la question qui est posée: est-ce que illusoire de penser qu'il y aura des dépassements, des surplus de 20 %, ou est-ce que c'est réaliste? … Je vais regarder ça sur une période d'une vingtaine d'années, c'est arrivé huit fois, presque une année sur deux où le régime a généré des surplus qui auraient permis de corriger l'indexation, ce qui n'est pas si mal non plus, hein ?...

 

Mme Courchesne : …. Puis les jeunes familles, aujourd'hui, ils ont beaucoup, beaucoup d'obligations, puis ils ont des ambitions, puis ils veulent de l'argent dans leurs poches.

… Donc, ces gens-là qui ont jusqu'à 40, 45 ans, 35 ans, s'ils voient qu'ils paient un 10 % par année, ils vont nous dire: Non, non, non, ça ne m'intéresse pas. Je vais aller travailler ailleurs. Pourquoi? Parce qu'on est en pénurie de main-d'oeuvre.

Donc, aujourd'hui, ce sont ceux qui cherchent un emploi qui sont dans une situation de force. Ils ont l'embarras du choix, j'exagère à peine, dans certains secteurs, là, mais il reste qu'ils sont sollicités, ils sont demandés, et ils peuvent magasiner un peu leurs conditions de travail. Alors, l'employeur qu'est l'État n'est plus l'employeur qu'il était il y a plusieurs années parce qu'on n'envisage plus les carrières de la même façon. Les plans de carrière ne sont plus les mêmes, et, nous, on a aussi cette préoccupation-là.

 

C'est difficile d'expliquer ça aux gens, … les cotisants d'aujourd'hui risquent de payer beaucoup plus cher, et en dollars comparés, beaucoup plus cher quand même que ce qu'eux ont payé durant les années où ils ont travaillé, et que le risque pour les cotisants d'aujourd'hui … mais il me semble que le risque est plus élevé, en tout cas, cette décennie-ci, parlons que de la décennie dans laquelle nous sommes, cette décennie-ci est plus risquée peut-être que les décennies précédentes au moment où les retraités étaient eux-mêmes de cotisants actifs.

 

  C'est ingrat d'avoir à essayer de faire accepter ces arguments et cette réalité, … je vois vraiment la différence sur l'attraction-rétention et sur notre capacité de garder l'expertise dans la fonction publique, et elle n'est plus ce qu'elle était. ... …Si ça a été si long de mettre le comité sur pied, là, très honnêtement, c'est que d'aller chercher l'adhésion des syndicats à être autour de la table, ça a été très difficile, et on n'a pas été capables tant que les négociations n'étaient pas terminées. Une fois les négos terminées, là, on a senti plus d'ouverture de leur part, mais ils ont dit une chose, les représentants syndicaux, ce qui est très important, c'est de garder le dialogue, maintenir le dialogue et de s'assurer qu'on ne rompt pas ce dialogue et que c'est autour d'une table qu'on va essayer de... et je pense que le travail qui sera fait en comité, qui ne sera probablement pas facile, mais ce travail-là va être probablement celui qui va permettre de faire avancer le dossier dans la compréhension mutuelle qu'on doit en dégager. Je crois que c'est... et, moi, je vais suivre ce travail-là très, très étroitement. très attentivement pour m'assurer que le dialogue ne soit pas rompu à aucun moment. Aucun moment. Et si je dois intervenir pour qu'il ne soit pas rompu, je n'hésiterai pas à intervenir pour que le dialogue ne soit pas rompu.

 

M. Simard (Richelieu) : … Et on ne peut pas faire payer aux jeunes d'aujourd'hui, dans leurs cotisations, la correction des cotisations qui n'ont pas été peut-être suffisantes dans le passé, au moment où les retraités actuels étaient actifs. …

 

Mme Courchesne :…le fait de l'inscrire dans une loi, c'est un geste qui extrêmement important, …C'est, à mon avis, une avancée considérable et unique, je suis d'accord. …nous avons aussi un engagement: notre premier engagement, c'est de retrouver l'équilibre budgétaire. …… Dans cette entente historique que nous venons de signer de façon tout à fait négociée, dans un climat de paix sociale et en le laps de temps très court, il y a une autre innovation: il y a l'innovation dans cette convention collective de dire que, si l'économie se porte bien et si l'économie croît de façon significative - et je crois que c'est au-dessus de 3 %, si ma mémoire est bonne - nous allons redonner à nos employés ce niveau de croissance pour compenser leur acceptation d'une croissance de salaire plus que raisonnable. … , on va continuer à être très, très, très prudents parce que l'économie, elle, elle n'est plus ce qu'elle était et l'économie ne suit plus les cycles qu'on a eu l'habitude de connaître au siècle dernier, je vais parler du siècle dernier, et que, dans ce sens-là, je crois qu'il faut être encore très observateurs et très analytiques par rapport à ce qu'on peut envisager dans la gestion des finances publiques, … nous faisons un pas extrêmement significatif et important pour non seulement rassurer les retraités, mais pour leur dire que, oui, nous les avons écoutés, nous les avons entendus et nous acceptons d'inscrire, dans le projet de loi, la possibilité de répondre à une partie de leurs attentes.

 

M. Simard (Richelieu) :   il est quand même étonnant que la ministre - je pèse mes mots - défende un projet de loi qui reconnaît explicitement qu'il y a une correction à faire de l'indexation de ceux qui n'en ont pas eue de 1981 à 1999... 1982 à 1999, qu'elle le reconnaisse pour la partie cotisée par les employés et qu'elle ne sente aucune obligation autre que son engagement à prendre au sérieux les débats, les discussions qui auront lieu. Je suis d'accord avec les arguments qu'elle a utilisés, je la prends au mot, …, il me semble qu'on devrait pouvoir avoir un engagement gouvernemental à contribuer à la correction de cette indexation.

 

Mme Courchesne :     on ne promet pas l'argent qu'on n'a pas. Mais on ne sait pas si on va l'avoir l'argent, puis ce n'est pas juste... Mais c'est évident qu'on ne prendra pas, on ne fera pas une promesse qu'on ne peut pas tenir ou une promesse en disant: Oui…

 

M. Simard (Richelieu) : Quels sont les grands critères? Les critères, c'est évidemment l'équilibre budgétaire - on n'y est pas, là, donc ça ne vous obligera pas beaucoup avant que... avant que le gouvernement n'y arrive - ça peut être aussi des priorités de nature fiscale et budgétaire.…

 

Mme Courchesne : c'est de laisser aussi faire croire aux retraités quelque chose qui arrivera peut-être mais n'arrivera peut-être pas. … Quelle sorte d'espoir qu'on va donner de plus aux retraités une fois qu'on a dit tout ça, là...

 

Mme Courchesne : …De l'excédent du taux de l'augmentation de cet indice sur 3 % ou de la moitié du taux de l'augmentation de l'indice, selon la plus avantageuse de ces formules, pour la partie attribuable a du service postérieur au 31 décembre 1999. …

 

…L'indexation bonifiée s'applique si l'évaluation actuarielle prévue au RREGOP ou si sa mise à jour révèle un surplus de 20 % de la valeur actuarielle des prestations à la charge des employés et si la partie de ce surplus excédentaire au 20 % couvre le coût supplémentaire résultant de la nouvelle indexation applicable. Si ces conditions se réalisent, l'indexation s'appliquera le 1er janvier suivant la réception par le ministre du rapport de l'actuaire-conseil requis pour l'évaluation triennale ou de la mise à jour de cette évaluation, selon le cas. …

 

M. Tardif (Jean-Marc) : Alors, ce qu'il faut... comment ça va fonctionner, c'est qu'au 31 décembre d'une année…  si, en vertu de l'évaluation actuarielle, les conditions émises, énoncées à l'article 77.0.1 sont présentes, c'est-à-dire qu'il y a un surplus de plus de 20 % et que l'excédent de ce surplus-là est suffisant pour indexer de manière ad hoc et non pas de manière garantie toujours pour le futur, mais pour les retraités qui sont là le 31 décembre de l'année... Alors, il va falloir que les actuaires de la CARRA déterminent la valeur des pensions payables aux retraités. Supposons que l'inflation est de 2 %, donc 2 %, si l'inflation est de 2 %, la moitié de 2 %, c'est 1 %, donc c'est supérieur à IPC moins 3 %, donc la clause s'applique. Et la portion des prestations payable par la caisse des participants, vous l'avez mentionné tantôt, la caisse des participants paie la moitié des prestations. Donc, il y aurait... la pension sera augmentée de 0,5 %.

 

M. Tardif (Jean-Marc) : Bien, pour la caisse des participants... seulement pour le RREGOP, là, pour la caisse des participants, là, un niveau d'inflation de 2 %, donc 0,5 % pour eux, là, c'est à peu près 120 millions.

 

M. Simard (Richelieu) : Et 1 % de surplus au-dessus de 20 %, ça représente combien d'argent?

 

M. Tardif (Jean-Marc) : La valeur actuarielle des prestations est autour de 40 milliards… Alors, 1 % de surplus, 10 % de 4 milliards, 400 millions.

 

M. Simard (Richelieu) : C'est-à-dire, c'est l'extension au RRE de ce qu'on vient d'adopter pour le RREGOP.

 

Mme Courchesne : Oui, je le sais. C'est la même chose. On l'a dit tantôt. Pour le RRE puis le RRF, oui.

 

Formule de cotisation des employés

 

M. Tardif (Jean-Marc) : Le fait qu'on change la formule de cotisation, évidemment, s'il y en a qui paient moins et d'autres paient le même montant... il y a un manque à gagner. Oui, ça a été mentionné, ça été même... Mme la présidente du Conseil du trésor l'a dit dans son discours d'ouverture, il y a un coût pour le gouvernement qui est de 6, 14 et une cinquantaine de millions dans des... après cinq ans. C'est des choses qui étaient dans le cadre... le cadre global de l'entente, l'entente historique, Mme la présidente du Conseil du trésor a mentionné à quelques reprises. Et il faut prendre ça en considération que c'est quelque chose qui a été introduit en complément, là, ou en prenant en considération les augmentations de salaire de 0,5, 0,75 et 1 % pour les trois premières années, quatrième, cinquième années.

 

Et, même pour la troisième année, il peut y avoir des rehaussements salarials, si le produit intérieur brut dépasse un certain minimum qui est prévu dans l'entente. Alors, la formule permet... pour résumer donc, ceux dont le salaire est supérieur au MGA vont payer un peu moins, ceux dont le salaire est inférieur au MGA paient la même chose. Et ce qu'on pourrait appeler le manque à gagner dans la caisse des participants est compensé par le gouvernement. Donc, on peut prendre quelques minutes, si vous le désirez, pour vous faire part de quelques exemples.

 

M. Simard (Richelieu) : …en essayant de faire en sorte que les gens rapportent à la maison leur argent, évidemment. À terme, c'est 50 millions par année...

 

Mme Courchesne : C'est très peu, M. le Président, hein, même pas un quart de 1 %, là.… Moi, je vois une nuance importante, hein? On a établi des paramètres salariaux qui correspondaient à la situation économique et à la capacité de payer du gouvernement. On était très conscient puis on l'a dit que, somme toute, c'est des augmentations de salaire qui ne sont pas... on a déjà connu de plus grandes augmentations de salaire au gouvernement.

Donc, à cause de ça, faisait partie de la négociation cet aspect-là de la question, mais c'est évident, puis on ne s'en cache pas, là, ce n'est pas une forme d'engagement, c'est une forme... Ce n'est pas engagé au sens où dit le député de Richelieu, C'est que, dans la négociation, on dit: O.K., on vous donne ça comme salaire, plus bas, mais, voici, on règle cette partie-là du régime qui, on doit se le dire, coûte moins cher que si on devait augmenter les salaires.

 

M. Simard (Richelieu) : Est-ce que, dans l'ensemble des règles et lois concernant le RREGOP, il y ait d'autres exemples où le gouvernement verse des montants en compensations de sommes non versées par la partie cotisable ? Je reconnais que vous faites une brèche à une pratique ancestrale.

 

M. Tardif (Jean-Marc) : Prenez la grande feuille, là, la feuille 8½ X 14, là. Alors, si on prend, par exemple, pour l'année 2012, là. Alors, on a, selon la formule actuelle, donc, si la formule n'était pas modifiée, là, si je prends, par exemple, là, une personne dont le traitement admissible ou cotisable est 40 000 $, alors, sa cotisation serait de 2 122 $. Et, avec la nouvelle formule, 2 123 $, donc un départ... 1 $, tu sais. Si vous allez pour les personnes dont le salaire est supérieur au MGA, alors, vous voyez, si je prends par exemple un 70 000 $, il y a une diminution de la cotisation de 46 $. Et cette diminution de cotisation là, elle est étalée sur une période de cinq ans. C'est ça qui explique le manque à gagner du gouvernement de 6, 7 millions à une cinquantaine de millions dans cinq ans. Et, si ça a été fait comme ça, il y a une raison, c'est la capacité financière qui a été prise en considération dans la négociation qui a conduit à l'entente historique, là, de juillet 2010. Alors, ici, pour le... si on va à l'année 2013, on voit toujours que...

 

Alors, on a produit les chiffres pour l'année 2013 aussi, alors vous voyez les gens de 50 000 $ et moins, là: les écarts de cotisations sont mineures, c'est marginal. Et plus la personne... plus le salaire de la personne est élevé, plus la cotisation diminue. Vous voyez, c'est à peu près le double, là, de l'année 2012. 2014, 2015, 2016, c'est exactement le même principe. Donc, c'est un étalement sur cinq ans d'une réduction de cotisation.

 

Mais la compensation, elle, est progressive. C'est donc le fonds général, c'est l'ensemble du régime qui va écoper le prix, une partie du prix, qui... en diminuant jusqu'à la cinquième année?

 

Mais c'est le gouvernement qui compense la caisse de retraite… La caisse de retraite des participants, elle va recueillir les cotisations des participants plus la compensation gouvernementale. Et le total des deux est égal à ce qui aurait été cotisé s'il n'y avait eu aucun changement.

 

M. Simard (Richelieu) : Ça, on est d'accord. Mais pourquoi cette compensation est-elle inférieure, la première année, à la cinquième année? C'est donc que... C'est une compensation partielle?

 

M. Tardif (Jean-Marc) : Sinon, s'il y avait eu une pleine correction de la formule d'indexation en 2012, ça aurait coûté 50 millions en 2012.

 

M. Simard (Richelieu) : D'accord. Donc, ce n'est pas... il n'y a pas de pleine compensation au départ, ce n'est pas... Là, vous avez mis des chiffres pour 2012-2013, si vous preniez le cas de... pas extrême, là, 80 000 $, ce n'est quand même pas des fortunes, là, il y a une amélioration, en 2013, de 144. Au bout de la cinquième année, ça fait combien?

 

M. Tardif (Jean-Marc) : Ça ferait environ 350 $. Là, je ne peux pas... on ne peut pas extrapoler 2014-2015 avec certitude, l'évaluation n'est pas sortie

 

M. Simard (Richelieu) : Donc, pour des gens qui... des salariés de niveau un peu supérieur, là, c'est une somme quand même appréciable au bout de...

 

M. Tardif (Jean-Marc) : Bien, environ 0,5 %, tu sais.

 

M. Simard (Richelieu) : Dans cinq ans, oui. Enfin, c'est 0,05 %, ce n'est pas... c'est mieux dans ce sens-là que dans l'autre sens.

 

M. Tardif (Jean-Marc) : … lorsque le taux de cotisation va être modifié, ça va être modifié par règlement, et le règlement va être consulté. Le gouvernement doit consulter le Comité de retraite. …

 

M. Tardif (Jean-Marc) : Le fonds de contribution des employeurs, c'est qu'il y a un certain nombre d'employeurs autonomes, par exemple la Régie des rentes, Loto-Québec, la CSST, qui versent des cotisations, et ces cotisations-là sont placées à la Caisse de dépôt. Alors, il y a toujours un petit montant là-dedans. Alors, lorsqu'il a des prestations à la charge du gouvernement et qui sont payées, le premier fonds qui est utilisé, c'est le fonds de contribution des employeurs.

Deuxièmement, ce serait en vertu de l'article 32 de la loi, le gouvernement pourrait capitaliser des fonds et, au moment où on se parle, il n'y en a pas donc...

 

M. Tardif (Jean-Marc) : C'est qu'en vertu de l'article 134, il y a un certain nombre de règlements que le gouvernement ne peut pas adopter sans consulter le comité de retraite. Alors, … le comité de retraite est consulté sur le montant de compensation. Donc, après que la CARRA aura fait tous les calculs, la première année, supposons que ça donne 7 millions, alors il faut que le projet de règlement soit présenté au comité de retraité et que celui-ci l'examine et qu'il adopte une résolution proposant ou suggérant à la ministre, là, de mettre le règlement en application. Donc, ça concerne le 614, jusqu'au 50 millions dont on a parlé, là, lorsque j'expliquais la nouvelle formule de cotisation.

 

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